Anesthésie et analgésie

Votre animal va subir une anesthésie ainsi qu’une intervention chirurgicale dans les prochains jours ? Afin de mieux comprendre le déroulement de ces évènements et de vous informer sur les risques éventuels liés à ces interventions, nous avons rédigé cette note.

Qu’est-ce qu’une anesthésie ?

L’anesthésie est un état d’inconscience produit par des agents anesthésiques (administrés par injection ou inhalation), provoquant l’absence de sensation douloureuse dans tout le corps ainsi qu’une relaxation musculaire.

L’anesthésie peut comporter des effets secondaires. Même si elle est de mieux en mieux maîtrisée, divers désagréments peuvent subsister. Certains agents entraînent des vomissements pendant la phase d’endormissement, d’autres une dépression respiratoire ou cardiaque, d’autres encore des hallucinations.

Afin d’éviter ces inconvénients, nous pratiquons une anesthésie dite « balancée ». C’est-à-dire que nous administrons des agents anesthésiques de différentes familles ayant des effets secondaires opposés, ce qui permet d’obtenir un état d’inconscience et d’analgésie conservant au mieux les paramètres physiologiques de votre compagnon.

Que devez vous faire avant d’amener votre animal pour une anesthésie et une intervention ?

Au moins douze heures avant l’intervention, votre animal ne pourra plus manger ni boire et ceci pour éviter des vomissements durant les phases initiales et finales de l’anesthésie. Lors de l’anesthésie, votre animal ne peut plus avaler correctement et s’il vomit, il risquerait d’inhaler de la nourriture qui peut alors bloquer ses voies respiratoires ou provoquer une infection pulmonaire grave. De plus, un estomac rempli peut appuyer contre le diaphragme, créant ainsi une gêne respiratoire inutile lors de l’anesthésie.

La plupart des procédures anesthésiques se déroulent habituellement en quatre étapes.

La prémédication. Elle a pour but de réduire l’anxiété du patient et donc de réduire la quantité d’anesthésiques utilisés pendant la chirurgie. Les médicaments antidouleur (dérivés morphiniques) sont aussi administrés pendant la phase de prémédication afin qu’ils soient complètement actifs au moment de l’intervention.

L’induction. C’est le début de l’anesthésie. Les agents anesthésiques sont administrés par le cathéter qui a été posé à l’arrivée de votre compagnon. En conséquence, l’animal entre dans un état d’inconscience  et sera maintenu dans cet état durant toute l’étape suivante.

La maintenance. Pour cette étape, nous utilisons généralement des agents anesthésiques volatiles. Les mêmes agents anesthésiques que ceux utilisés lors de la phase d’induction peuvent aussi être ré administrés lors du maintien de l’anesthésie. Ce choix dépend de plusieurs facteurs : durée de l’intervention, type d’intervention, statut physiologique de l’animal, … L’anesthésie volatile permet des interventions beaucoup plus longues et importantes avec un maximum de sécurité car l’animal est intubé et relié à une machine qui fournit la juste dose de gaz et d’oxygène.

Le réveil. Dès que l’anesthésie est arrêtée, l’animal se réveille assez rapidement. La phase de réveil est surveillée attentivement jusqu’à ce qu’il ait retrouvé un état de vigilance complètement normal.

Quelles sont les précautions prises par le vétérinaire pour sécuriser l’anesthésie ?

Avant toute intervention, un examen préopératoire est soigneusement réalisé afin d’identifier tout problème éventuel pouvant nuire à l’anesthésie et à la chirurgie. Suite à cet examen, le vétérinaire peut décider de réaliser un certain nombre d’examens complémentaires comme un bilan sanguin (paramètres hépatiques, rénaux, glycémie, recherche d’une éventuelle anémie, …), des tests urinaires, une échographie, des radiographies ou encore un électrocardiogramme.

Le monitorage de l’animal est réalisé tout au long de la phase anesthésique afin de vérifier si le protocole anesthésique choisi correspond bien au statut physiologique de l’animal (contrôle de la fréquence cardiaque et respiratoire, couleur des muqueuses, …). La clinique est équipée de tous les instruments nécessaires à la gestion correcte des anesthésies : un moniteur permettant de vérifier simultanément 9 paramètres, un respirateur, un concentrateur d’oxygène et bien entendu un appareil d’anesthésie gazeuse.

L'équipement d'anesthésie et de monitoring de la clinique.

Que devez-vous faire lorsque vous récupérez votre animal ?

En général, votre compagnon a un pansement collé ou porte un bandage à l’endroit de l’intervention chirurgicale. Cette protection doit rester propre et sèche jusqu’à son changement ou son retrait. Il convient donc de laisser votre animal dans un endroit sec et confortable pendant toute la durée de sa convalescence. Généralement, les sorties sont autorisée en laisse ou dans un espace réduit (petit jardin, cour).

Comme les anesthésiques ont parfois tendance à rendre le système digestif « paresseux » pendant 24 ou 48 heures, il est fortement déconseillé de distribuer de la nourriture et de l’eau à volonté lorsque votre animal rentre à la maison. Vous pouvez cependant lui donner un tout petit peu d’eau et de nourriture le soir de son retour.

Quels sont les risques de l’anesthésie ?

Le pourcentage de décès suite à une anesthésie est très faible (de l’ordre de 0,15 %, soit 3 patients sur 2000). Par contre, ce chiffre peut augmenter suite à certaines circonstances :

Augmentation des risques anesthésiques en fonction des caractéristiques physiologiques des animaux.

STATUT AUGMENTATION DU RISQUE
Procédure d'urgence

x 3

Intervention chirirgicale majeure

x 5

Age élevé

x 7 pour les chiens de plus de 12 ans

Petites races

x 8 pour les chiens de moins de 5 kg

Mauvais état général

x 7

 

Et la prise en charge de la douleur ?

Nous portons une attention toute particulière au protocole d’analgésie autour des interventions. La plupart du temps, nous utilisons des agents morphiniques ou apparentés qui diminuent fortement la douleur et nous permettent ainsi de minimiser les doses d’anesthésiques.

Pour les interventions avec douleur de pallier II ou III, nous utilisons un pousse seringue délivrant, de manière continue ou sous fome de bolus, les molécules de l'analgésie pendant la chirurgie. La seringue contient le plus souvent un mélange bien dosé d'un morphinique puissant (méthadone, fentanyl), le xylocaïne et de kétamine. Ce protocole, également appelé CRI pour "Constant Rate Infusion", est également très intéressant dans les heures postopératoires car il permet un réveil dans le calme et sans douleur.

Si nécessaire, un relais analgésique oral sera prescrit pour quelques jours dès la sortie de la clinique.

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